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Jeunes ambassadrices et ambassadeurs des droits de l’Enfant en visite au Palais fédéral

Le 1er février 2023, 43 enfants des cantons de Genève, du Valais et du Vaud se sont retrouvés au Palais fédéral. Ces enfants ont déjà participé à plusieurs étapes du projet « Conférence romande des enfants ». En tant que délégués, élus par leurs camarades de classe, leur parcours jusqu’au Palais fédéral les a visiblement rendus capables de se mobiliser faisant ainsi valoir leurs droits auprès des responsables politiques suisses. Les discussions thématiques lors de la colonie, les échanges sur les questions d’égalité, de non-discrimination, de protection spéciale, de participation et de protection, ainsi que la formulation de recommandations présentées aux politiques lors de la Conférence des enfants le 20 novembre, montrent une évolution évidente ! Quelle fierté de les voir assis dans les bancs du Palais fédéral avec notre hôte de la journée, Lisa Mazzone, Conseillère aux Etats, pour suivre l’évolution politique de leurs recommandations ! La journée, riche en émotion, a été racontée par notre collègue de Terre des Hommes Suisse, Lisa Wiedemann, responsable du programme.

08h42, les enfants se retrouvent dans le train. Trois mois se sont écoulés depuis leur dernière rencontre ! Une véritable identité de groupe émane de ces retrouvailles. Les discussions sont animées, la joie de se retrouver est évidente. De Genève à Berne en passant par Martigny et Lausanne, ils évoquent leur expérience commune et prennent des nouvelles les uns des autres. Depuis novembre, pour des enfants cela peut sembler long, mais en les voyant, c’est comme si c’était hier.

Des retrouvailles d’autant plus émouvantes que ces enfants viennent de contextes géographiques, économiques et socio-culturels assez différents et vivent donc des quotidiens différents. C’est d’ailleurs l’un des aspects clés de ces quatre jours de colonie. « Nous avons appris à travailler ensemble, malgré le fait que nous ne soyons pas toutes et tous les mêmes », commentent certain·e·s d’entre elles et eux. Bien sûr, l’apprentissage de la politique a été un moment fort: « J’ai beaucoup aimé jouer aux politiciennes et politiciens. J’ai aussi appris que les enfants ont des droits », explique Emma.

Alors oui, on pourrait penser que les enfants étaient en train de jouer « à la politique », mais en réalité, ces débats, ces réflexions, ces efforts pour formuler des recommandations, ce n’était pas seulement un jeu. C’est bel et bien de la politique…à échelle d’enfant!  De plus,  le fait que ces enfants se mobilisent pour parler avec la conseillère aux Etats aujourd’hui, ce n’est pas non plus un jeu, mais surtout de la politique dans les mains des enfants. Et c’est précisément ce droit à la participation qui motive ces enfants à se rendre au Palais fédéral pour obtenir des réponses sur la suite de leurs recommandations et « pour mieux comprendre comment on travaille au Palais fédéral », termine Emma.

Préparatifs

Avant de rencontrer Lisa Mazzone, on se retrouve tout d’abord dans une salle pour préparer les questions que les enfants souhaitent lui poser. Ces mois d’interruption dans la vie de nos jeunes ambassadrices et ambassadeurs n’ont pas affecté leur mémoire: les thématiques et recommandations de novembre résonnent toujours parfaitement ! Avec surprise, ils et elles reprennent facilement leur rôle de délégué·e·s, en se préoccupant de leurs camarades, en écoutant les idées et les questions des uns et des autres.

« Est-ce que je peux aussi poser des questions sur comment on travaille au Palais ? » me demande Ryan. Je lui réponds que bien-sûr ! Ce qui ne manque pas d’inspirer quelques enfants curieux d’en apprendre plus sur le quotidien d’un.e politique !

Neil lui est quant à lui conscient que la Conseillère d’État ne pourra pas répondre à toutes les questions : « Ca ne sert rien à lui poser une question sur cette recommandation ». Il pointe au doigt un bout de papier où il a repris la recommandation qu’il avait développé en novembre : « Nous recommandons que les enfants puissent donner leurs avis aux responsables des activités extra-scolaires sur les horaires et la durée des activités pour qu’elles soient adaptées à leurs besoins ». J’insiste : « Pourquoi tu ne peux pas poser une question sur cette recommandation ? » « Parce que Lisa Mazzone ne travaille pas ça, c’est la commune qui le décide. »

Bravo ! Neil est déjà très au clair des compétences institutionnelles de chaque entité en Suisse !

Le grand moment : l’entrée au palais fédéral

Contrôle de sécurité passé, les enfants entrent enfin dans la grande salle du Palais fédéral. Elles et ils s’assoient autour de deux grandes tables, des micros devant elles et eux, leurs questions en main, des papiers et des stylos pour prendre des notes. Il y a un peu d’excitation dans l’atmosphère, mais quand Lisa Mazzone entre et sonne la cloche pour annoncer le début du débat, tous les enfants se taisent, non sans fierté d’être ici.

Le Conseil fédéral a récemment voté pour inclure l’éducation sans violence dans le Code civil. Cette annonce de Lisa Mazzone répond à la recommandation de nos jeunes délégué·es sur la protection des enfants contre les violences à la maison. Elle explique qu’il y a actuellement des débats parmi les politiques sur le sujet du cyberharcèlement, un sujet également abordé dans les recommandations de novembre. « Les droits sont toujours en évolution: les contextes changent. Il est donc toujours important de se battre, de négocier et de discuter en tant que citoyen·ne. C’est important de continuer à s’exprimer et de rester vigilant·e à ses droits, même quand on est enfant! »

Prendre la parole publiquement dans une salle aussi prestigieuse peut être effrayant, mais la Conseillère aux États sait se montrer patiente: « Au début, c’était aussi difficile pour moi de poser des questions. Mais il faut toujours oser, même si cela est difficile. » Ainsi rassuré·e·s et confiant·e·s, les enfants, presque avec aisance, allument et éteignent leur micro pour poser des questions sur le quotidien d’une politicienne: « Est-ce que vous aimez votre travail ? », « Est-ce que votre travail est difficile ? » avant de se concentrer sur le sujet central et les préoccupations : pourquoi y a-t-il de la discrimination, des inégalités et du harcèlement à l’école? Que fait la Suisse pour le climat? Et Lisa répond avec enthousiasme à ces questions, essayant de trouver les mots justes pour y répondre tout en clarifiant la réalité de la politique, c’est à dire : en Suisse, plusieurs partis politiques coexistent avec des idées différentes qui doivent également coexister pour faire avancer, ou non, certains sujets. 

Après ces échanges, une évidence : ces enfants sont des citoyens responsables exerçant tout naturellement la discussion et l’échange. La base de notre vie politique et démocratique !

La visite du Palais

Les enfants reconnaissent les quatre lansquenets personnifiant les quatre langues nationales. Ils découvrent des salles de réunions où Lisa Mazzone leurs explique comment elle se prépare aux débats. Du Conseil des États au Conseil national les enfants se précipitent autour des tables, s’approprient les chaises comprenant qu’il existe des positions spécifiques en fonction de son parti, déambulent dans l’espace de travail des lobbyistes. Avec cette visite, c’est presque le système politique qu’ils touchent (littéralement) des mains !

Quelle journée ! Celle-ci arrive déjà à sa fin. A la dernière question : « Est-ce que cette journée était à la hauteur de vos attentes? » tous ont répondu : « On a passé une super journée, on a appris beaucoup sur la politique. C’est quand que l’on recommence? ».

Rendez-vous pris pour les prochaines rencontres cantonales !

Le projet « Conférence romande des Enfants » est organisé par Terre des Hommes Suisse et le CSAJ, qui poursuivent ainsi leur engagement pour que la voix des enfants soit entendue.
La Conférence romande des enfants est soutenue par la Ville de Genève, la Loterie Romande, l’Office fédéral des Assurances sociales et la Commission des jeunes Valais
* Les prénoms de ce texte ont été modifiés