Le vécu d’une animatrice dans les classes

Le vécu d’une animatrice dans les classes

Lolita Mbala* a participé comme animatrice dans les classes primaires et secondaires de Genève, les semaines précédant la Marche de l’espoir. Ceci pour la 3e année consécutive. Elle témoigne de cette expérience enrichissante.

 

Qu’est-ce qui vous motive dans le travail d’animation des jeunes?

Ce qui me motive dans ce travail, c’est la possibilité d’avoir un échange mutuel. En allant réaliser des animations dans leur école, je leur apporte une ouverture vers d’autres pays du monde, et dans le même temps, ils m’apprennent énormément de choses. Sur certains sujets tels que le changement climatique ou l’égalité de genre, ils en savent parfois plus que ce que l’on croit.

 

Que pensez-vous de la formation préliminaire donnée par Terre des Hommes Suisse?

Cette formation d’une semaine est indispensable. Elle prépare tous les animateurs |ndlr : une quinzaine de jeunes mandatés ou bénévoles, sélectionnés sur dossier| sur des points tels que la manière de s’exprimer devant les classes, comment faire face aux diverses difficultés que l’on pourrait rencontrer ou encore comment générer une cohésion du groupe. L’élément le plus important au cours de la formation reste néanmoins le principe de transmettre des connaissances par le plaisir.

 

Qu’est-ce que vous avez rencontré comme difficultés particulières cette année? 

La difficulté majeure surgit s’il y a absence d’écoute des élèves. C’est un peu frustrant lorsque l’on a la volonté de donner le meilleur de soi-même et qu’en retour on a une classe qui manque d’intérêt pour ce que l’on présente (animation des grands) ou raconte (animation des petits). Mais ce n’est heureusement pas souvent le cas.

 

Qu’est-ce qui vous a surpris parmi les réactions des jeunes?

Leur capacité à se sentir concernés par des thématiques ou des problèmes qui sont hors de leur réalité quotidienne. Il est arrivé que des enfants soient tellement touchés par une animation qu’ils sont venus me remercier à la fin de la séance. Autre exemple, dans une classe de 2P cette année, il y a un enfant qui a proposé à l’ensemble de la classe de participer financièrement pour faire en sorte d’offrir à AWA la possibilité de venir faire une académie de dance ici en Suisse. Il y a énormément d’enfants qui souhaitent participer à l’amélioration de la vie des enfants dans d’autres pays du monde, au-delà de leur participation à la Marche de l’espoir.

 

Les messages principaux de ce que vous transmettez en classe?

Il s’agit tout d’abord du respect des droits de l’enfant partout dans le monde, puisque c’est l’axe principal de travail de Terre des Hommes Suisse. Mais il s’agit aussi de messages comme l’ouverture à d’autres cultures, la coopération ou encore le fait de rappeler aux jeunes qu’ils sont acteurs du monde autant que les adultes.

 

* Camerounaise d’origine, Lolita Mbala vit en Suisse depuis de nombreuses années. Elle fait un master en Études genre à l’Université de Genève.

 

(propos recueillis par Souad von Allmen, octobre 2019)