Découvrez l’incroyable parcours de vie de Reshma !

Découvrez l’incroyable parcours de vie de Reshma !

Ancienne enfant travailleuse, Reshma agit aujourd’hui pour que de plus en plus de jeunes filles et garçons de son village et de sa communauté en Inde puissent, comme elle, avoir le droit d’aller à l’école.

 

Retrouvez ci-dessous son témoignage, du tissage de tapis à la défense des droits de l’enfant, en période de pandémie de la Covid-19.


 

Je m’appelle Reshma. En sanskrit mon prénom signifie “Soie”, mais il exprime également la détermination. Enfant, je n’avais pas la permission de sortir, ni d’étudier.

 

Je suis originaire de Gwalior, une ville au centre de l’Inde, où la pauvreté, l’illettrisme, la discrimination des filles, et l’absence d’école affectent terriblement les conditions de vie des enfants. Beaucoup sont obligés de travailler dans des contextes difficiles comme le tissage de tapis, la fabrication de briques, la récupération de tissus… Ce travail les prive d’accès à une éducation de base et provoque des maladies, aggravées par la malnutrition.

 

Moi-même, dès l’âge de 8 ans, je tissais des tapis de longues heures accroupies. Je me souviens des fils de coton sec qui flottaient dans la pièce m’empêchant de respirer. Mon père travaillait dans une laverie mais ce n’était pas suffisant pour nous nourrir. Je rêvais d’aller à l’école et de devenir institutrice. J’avais aussi très peur d’être mariée très jeune comme mes 2 autres sœurs.

Heureusement un jour, l’association CID* m’a repérée lors d’une enquête sur les enfants travailleurs. À force d’insister, ils ont convaincu mes parents de l’importance de l’école et j’ai enfin pu aller au centre d’éducation. Quelle chance extraordinaire. J’y ai appris à compter et je recevais aussi un repas chaud. J’étais si heureuse.

 

Progressivement j’ai arrêté de travailler et je me suis consacrée à mes études. Après 4 années au centre, j’ai pu rattraper mon retard et intégrer une école publique, jusqu’à l’obtention aujourd’hui d’un master en travail social. Le centre d’éducation m’a montré le bon chemin ! J’y suis toujours restée impliquée. Je forme des groupes d’enfants pour la protection de leurs droits au sein des communautés.

 

Face au contexte de la pandémie de la Covid-19, la situation s’est aggravée pour de nombreuses familles qui manquent de biens essentiels. Nous aidons les familles les plus nécessiteuses avec des rations de nourriture.

Avec la pandémie, les enfants sont encore plus en danger. C’est pourquoi nous continuons de sensibiliser les parents sur l’importance d’envoyer leurs enfants dans des centres d’éducation plutôt qu’au travail. Afin de poursuivre nos actions dans le respect des mesures sanitaires, les cours et les formations se font en extérieur. Il est primordial que les enfants ne soient pas coupés de leur scolarité. Leur avenir est en jeu.

 

Pour les protéger des risques de violence, nous formons des jeunes qui sont eux-mêmes responsables de 10 enfants. Ils vérifient régulièrement leur situation et les aident en cas de violation de leurs droits. Je suis également bénévole au “Child line 1098”, un service téléphonique d’urgence gratuit 24h/24, 365 jours/an, pour les enfants en détresse.

 

Petite, je voulais être institutrice pour partager mes connaissances. Mon travail aujourd’hui est encore mieux car j’apprends des choses aux enfants et en plus je me bats pour faire respecter leurs droits.

C’est ma propre histoire qui me motive à les aider. Je suis fière de contribuer à donner à des enfants de nouvelles opportunités et à des petites filles de rêver de devenir policière, enseignante ou docteur. Mes rêves d’enfant, comme ceux des enfants vulnérables que nous aidons chaque jour sont possibles grâce à l’ensemble des donatrices et donateurs qui soutiennent Terre des Hommes Suisse. Je les en remercie infiniment et j’espère qu’ils réalisent à quel point ils sont importants pour nous tous !

 

* Centre for Integrated Development (partenaire local de Terre des Hommes Suisse ayant pour mission la protection des droits de l’enfant et plus particulièrement la lutte contre le travail des enfants)