Le 22 avril dernier, les 38 délégués de la Conférence romande des enfants des cantons de Genève, Vaud, Valais et Fribourg, élus par leurs pairs, se sont rendus à Berne au Palais fédéral. Cette visite fait suite à l’événement du 31 janvier 2026, durant lequel 4 projets imaginés par les enfants avaient été présentés à un panel de politiques et d’experts de l’enfance, de la jeunesse et des droits de l’enfant.
Une matinée d'échanges entre jeunes délégués
La journée a débuté par une rencontre avec les jeunes délégués de la Conférence des enfants de Suisse alémanique, impliqués eux aussi dans le même exercice de participation citoyenne.
Jeux communs pour faire connaissance, partage d’expériences et confrontation des propositions respectives : ce moment a permis aux enfants des deux régions linguistiques de mesurer combien leurs préoccupations se rejoignent, par-delà les frontières culturelles.
Rencontre avec un conseiller national
Direction ensuite le Palais fédéral, où les enfants ont été accueillis par le conseiller national Jean Tschopp.
Ce temps d’échange leur a offert l’occasion de lui poser les questions qui leur tenaient à cœur, avec une curiosité et une franchise qui n’ont pas manqué de marquer leur interlocuteur.
« Tous sont importants ! »
Jean Tschopp a cité le droit à l’égalité, mais a insisté également sur le droit à l’information, qu’il juge aujourd’hui menacé.
Avec l’affaiblissement des médias traditionnels et des journalistes qui disposent de moins en moins de moyens, certains acteurs puissants gagnent en influence sans pour autant être pleinement démocratiques. Les algorithmes favorisent certains contenus, exagèrent certaines réalités, et cela représente selon lui un danger réel pour la démocratie : sans une information de qualité, il est difficile de prendre de bonnes décisions.
Le conseiller national a rassuré les jeunes délégués : il ne voit rien d’irréaliste dans leurs quatre propositions. Il a notamment souligné que le projet le projet de capsules vidéos afin de sensibiliser les adultes aux conséquences des conflits parentaux sur les enfants serait le plus simple à mettre en place, car des initiatives similaires existent déjà en partie. Selon lui, ce projet apporterait beaucoup et pourrait être concrétisé rapidement.
Jean Tschopp a répondu avec clarté : oui, les enfants ont des devoirs, notamment celui de respecter les décisions importantes prises par leurs parents, comme le choix de l’école, du lieu de vie ou concernant les soins.
Jean Tschopp souligne l’importance de l’autorité parentale mais rappelle également que ces décisions doivent être prises en tenant compte des besoins et de l’intérêt supérieur des enfants.
Enfin, les échanges ont porté sur la Convention des droits de l’enfant : si la quasi-totalité des pays l’ont signée, cela ne garantit pas que les droits soient effectivement respectés.
Jean Tschopp a cité l’exemple de l’Afghanistan, où les filles ne peuvent plus aller à l’école. Il a également souligné que le défi, en Suisse aussi, est de faire connaître ces droits — aux enfants comme aux adultes — dans un pays aux multiples cultures.
Une immersion au cœur des institutions
La journée s’est poursuivie avec une visite guidée par Jean Tschopp lui-même, qui a conduit les enfants à travers les lieux emblématiques du Parlement : la Salle des pas perdus, la salle du Conseil national, celle du Conseil des États et la Grande Coupole. Une immersion au cœur des institutions démocratiques qui leur a permis de mesurer concrètement l’importance de ces espaces de décision.
Des citoyens en devenir










Cette visite a rappelé toute l’importance de favoriser la participation citoyenne dès le plus jeune âge. En permettant aux enfants de vivre de près le processus démocratique et de dialoguer avec des acteurs clés de notre système politique, cet événement contribue à forger des citoyennes et citoyens informés, responsables et engagés pour l’avenir, et qui sait, de futurs conseillères et conseillers nationaux.
Cet engagement ne s’arrête pas aux portes du Palais fédéral. Ce sont près de 300 enfants qui, à travers toute la Romandie, investissent également les Grands Conseils cantonaux et les conseils administratifs et municipaux de leurs cantons respectifs. Une mobilisation qui témoigne de l’ancrage profond de la démocratie participative dans le quotidien de ces jeunes ambassadrices et ambassadeurs.
De la colonie de Lignerolle aux bancs du Parlement, les ambassadrices et ambassadeurs de la Conférence romande des enfants ont une nouvelle fois prouvé qu’ils ne sont pas de simples spectatrices et spectateurs des décisions qui les concernent, mais bien des actrices et acteurs engagés de la démocratie suisse.
